Pourquoi le shiatsu et la médecine chinoise sont indissociables? Pour le comprendre, faisons un petit détour historique.
Médecine chinoise et séance de shiatsu.
Différentes pratiques de guérison manuelles sont utilisées en orient depuis des millénaires. Elles étaient notamment transmises par les chamans. Les femmes contribuaient aussi à perpétuer ces traditions orales et pratiques. C’est ainsi que l’art ancestral du soin par toucher manuel a traversé le temps et les différentes générations. Cette tradition a de nombreuses origines qui se sont couplées au fur et à mesure du temps.
En effet, le shiatsu est inspiré des techniques de massage traditionnelles chinoises, japonaises mais aussi indiennes.
Alors que l’énergie vitale en médecine traditionnelle chinoise est nommée le Qi, l’ayurveda le nomme le prana. Les 72 milles canaux par lesquels circule le prana comprennent les 12 méridiens où circule le Qi. L’on comprend alors les profonds croisements et échanges culturels et scientifiques entre ces pays.
C’est pour soulager sa mère de ses rhumatismes qu’il pratiquait cet art ancestral de soin manuel. Lorsqu’il comprend tout l’intérêt et le succès de cette démarche, il choisit de la fonder scientifiquement. Il étudie alors plus en profondeur le corps humain et ses mécanismes. Lorsqu’il baptisa sa méthode de soin le « shiatsu », « shi » pour doigt et « atsu » pour pression en japonais, la plupart de ces préceptes étaient centrés sur la médecine occidentale. Néanmoins, comme nous l’avons vu, ces pratiques de soin existaient déjà auparavant. C’est grâce à Namikoshi que le shiatsu fut reconnu comme une science médicale à part entière au Japon. Le shiatsu est même déclaré d’utilité publique par le ministre japonais de la santé en 1940.
Shizuto MASUNAGA qui était un des élèves de Tokujiro Namikoshi reprit ses préceptes un peu plus tard en y réintégrant ceux de la médecine traditionnelle chinoise. Notamment la théorie des cinq éléments ainsi que celle des méridiens. Ainsi, il existe deux écoles principales en shiatsu. La méthode Namikoshi qui se base principalement sur les manifestations physiques de déséquilibre et sur les différentes mécaniques observables du corps. Et la méthode Masunaga qui réintègre, grâce à la médecine chinoise, une vision plus holistique en prenant en compte le psychisme et particulièrement l’impact des émotions dans l’équilibre corporel. Les deux méthodes se basent sur le pouvoir d’autoguérison du corps. Ainsi, les racines profondes du shiatsu, qu’il soit de tendance occidental ou oriental sont belles et bien liées à celles de la médecine traditionnelle chinoise et de sa pratique.
Mais quelle est la différence entre la médecine occidentale et la médecine chinoise ?
Lorsque la médecine occidentale traite les effets, communément appelés symptômes, la médecine chinoise cherche à agir directement sur les causes de la maladie. Ces deux approches se révèlent donc très complémentaires, bien que l’on considère généralement l’une comme plus scientifique que l’autre.
Aujourd’hui, nous savons que si la science apporte des réponses essentielles, elle ne les apporte pas toutes. La complexité de la psyché humaine et ses liens avec les mécanismes corporels demeurent difficiles, voire impossibles, à appréhender selon une approche strictement scientifique et objective.
La médecine chinoise vise ainsi à réintégrer un point de vue subjectif et intersubjectif. Autrement dit, elle relie la santé du corps à la santé mentale et émotionnelle, mais aussi à la santé sociale et environnementale.
Alors que la médecine occidentale considère souvent ses patients comme des objets d’étude et cherche à en déterminer les caractéristiques immuables, les médecines orientales s’inscrivent davantage dans le champ des sciences humaines que dans celui des sciences dites « dures ». Elles prennent ainsi en compte le caractère fondamentalement dynamique de la personne humaine, intrinsèquement interconnectée avec son environnement.
La médecine traditionnelle chinoise, interconnexion et harmonie
Le yin et le yang symbolisent l’unité dans la dualité. Ils sont également le symbole des deux grandes puissances qui régissent notre monde, le ciel et la terre. Le ciel stimule la terre et lui permet ainsi de se transformer, son énergie est l’énergie yang, puissance active traditionnellement associée au masculin. Son dynamisme se répartit à travers les 4 saisons qui modèlent la terre. Les quatre saisons sont reliées à 4 éléments : l’eau, le métal, le feu et le bois. La terre correspond à l’intersaison, le socle sur lequel ces mouvements agissent. La terre quant à elle est essentiellement yin, une puissance passive traditionnellement associée au féminin. Elle est modelée par le ciel et ses saisons et représente une force stable et tranquille.
On appelle aussi les saisons des loges.
Le printemps c’est la loge bois, l’été la loge feu, l’automne la loge métal, et l’hiver la loge eau. La loge terre est associée à l’intersaison qui est une période qui intervient quatre fois dans l’année, entre chaque saison. Les saisons se suivent et se nourrissent dans un système d’interdépendance. C’est ce qu’on appelle les cycles d’engendrement et de contrôle.
Le bois alimente le feu et contrôle la terre par ses racines.
Le feu nourrit la terre et contrôle le métal en le fondant.
La terre engendre le métal et retient l’avancée de l’eau.
Le métal nourrit l’eau par électrolyse et fend le bois.
L’eau est indispensable à la croissance du bois et éteint le feu.

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